Les femmes enceintes infectées par le A(H1N1) sont plus exposées aux risques de complications.
pourquoi les femmes enceintes sont-elles exposées à un risque plus important de complications potentiellement mortelles? Au cours de la grossesse, on observe des changements mécaniques et hormonaux, notamment au niveau des systèmes cardio-vasculaire et respiratoire ainsi qu'immunitaire, explique en substance le Dr Denise Jamieson, principal auteur de l'étude des CDC publiée dans The Lancet. Elle ajoute que, schématiquement, la capacité pulmonaire se réduit parce que l'utérus augmente progressivement en volume et vient de ce fait compresser le diaphragme. Ces modifications anatomiques et physiologiques expliqueraient ainsi que les femmes enceintes sont plus susceptibles que d'autres personnes d'être affectée par certains virus, ceux de la grippe en général; le A(H1N1) en particulier.
Autre nouvelle et importante question: qu'en est-il de l'impact de l'infection maternelle sur l'enfant à naître? On en reste au stade des hypothèses. Cinq bébés des six femmes qui sont décédées aux Etats-Unis sont nés par césarienne; aucun n'était infecté et tous se portent bien. Un foetus, âgé de 11 semaines, est mort avec sa mère.
A ce jour le principal enseignement qui puisse être tiré des différentes observations faites sur ce thème est que les femmes enceintes qui sont victimes de l'infection par le A(H1N1) ne le sont pas de la même manière, par exemple, que les personnes fragilisées par différentes maladies pré-existantes évoluant sur un mode chronique. «Il faut, pour comprendre, rappeler que l'on peut mourir de trois façons de la grippe, rappelle pour Slate.fr le Pr Antoine Flahault, spécialiste d'épidémiologie et de santé publique. La première est dite par «mortalité directe». C'est semble-t-il le cas des femmes enceintes concernées. Il s'agit d'une pneumonie virale qui peut entraîne un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) gravissime nécessitant des soins de réanimation, une ventilation assistée en pression positive et qui est associée à une mortalité très élevée même bien traitée. La deuxième est la conséquence d'une surinfection bactérienne mal prise en charge; la troisième est due à l'aggravation soudaine d'une pathologie grave pré-existante.»
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